California Girls: Part 1

13 juillet 2020

A vrai dire, ces filles-là n’ont jamais eu grand chose à voir avec les surfer girls, ou les girls à surfer des « beach parties » made in California naguère chantées par les Garçons de la plage. Elles avaient même, pour la plupart, débarqué de leur bled natal, Port Arthur au Texas ou Tucson en Arizona, quand ce n’était pas du Canada, des rêves de gloire plein la tête. Et il leur a fallu sérieusement jouer des coudes pour s’imposer dans le monde essentiellement masculin, pour ne pas dire furieusement sexiste, des musiciens de rock. Toutes, ou presque, auront apporté quelque chose à cette musique dont la dimension féminine demeure une constante, entre plénitude et introspection, blessures de l’âme et hédonisme ensoleillé. Dans cette parenthèse (en)chantée que constituaient les sixties-seventies (voir les eighties), elles surent insuffler leur charme autant que leur talent à une musique qui, sans elles, n’aurait certainement pas abouti au sacre de ces singer-songwriters dont l’aura a perduré jusqu’à aujourd’hui.  

Grace Slick
Quand elle débarque au sein du Jefferson Airplane, en pleine ère psychédélique, la très jolie Grace Slick apporte dans ses bagages deux compositions qu’elle chantait déjà avec son ancien groupe, The Great Society: « Somebody To Love » et « White Rabbit » deviendront les deux tubes de Surrealistic Pillow autant que les titres emblématiques d’un acid rock dont l’Airplane s’impose comme le groupe phare.

Ex-mannequin à la personnalité explosive, perpétuant le trip au sein du Jefferson Starship, puis de Starship, pour le meilleur et, hélas,
pour le pire(« We Built This City », élue pire chanson des 80’s par le magazine Rolling Stone).

Joni Mitchell
La folk-singer canadienne sera longtemps considérée comme l’incarnation ultime de « l’esprit hippie chic » de Laurel Canyon, notamment grâce à l’album Ladies of the Canyon.

Ses romances avec David Crosby, Graham Nash ou James Taylor sont entrées dans la légende. Mais, plus que la compositrice de l’hymne « Woodstock », Mitchell sera avant tout l’une des musiciennes les plus importantes de sa génération. En témoigne son évolution vers un folk jazz profondément original dont l’album Hejira constitue la quintessence. Accessoirement, elle sera aussi l’un des premières à s’intéresser à la world music.

Mama Cass
C’est, dit-on, dans sa maison que Crosby, Stills & Nash chantérent pour la première fois ensemble. Figure incontournable de Laurel Canyon, Mama Cass avait le sens de la fête et de l’amitié. Après la séparation de son propre groupe, elle poursuivra sa carrière en solo jusqu’à sa mort prématurée, d’un crise cardiaque, à Londre, en 1974.

Cette personnalité hors du commun a laissé à la postérité une poignée de grands classiques 100% californiens gravés au sein des Mamas & Papas comme en solo, notament « Monay Monday », « Dream a Little Dream of Me » – une reprise de Nat King Cole – et surtout le cultissime « California Dreamin' ».

Carole King
Quand elle émigre à Los Angeles après son divorce, en 1968, Carole King a déjà derrière elle un sacré passé de faiseuse de tubes. Au sein du fameux Brill Building, à New York, le duo Goffin-King a signé une centaine de hits chantés par Bobby Vee, The Crystals, The Drifters, The Beatles et même sa baby-sitter Little Eva avec l’inusable « The Loco-Motion ».

Dans sa maison de Laurel Canyon, King compose les chansons de Trapestry, dont le « You’ve Got a Friend » qu’elle offrira à son ami James Taylor, avec lequel elle est repartie en tournée en 2010.

Janis Joplin
Originaire d’un Texas qui ne voulait décidément pas d’une freak girl dans son genre, Janis Joplin, la fan de Bessie Smith, a connu la consécration sur la scène californienne.
Une gloire brutale, quasi surréaliste, qui finira par avoir sa peau. Car la voix écorchée dissimulait une âme qui ne l’était pas moins, prête à succomber à tous les excès, dans l’atmosphère surchauffée du Frisco de l’été de l’amour comme dans les backstages de n’importe quel Monterey.

Paradis et enfer seront les maîtres mots de l’existence de Janis, plus grande chanteuse de blues de l’ère rock, depuis les « Trouble in Mind » acoustiques de The Typewriter Tape – avec Jorma Kaukonen à la guitare – jusqu’au grand frisson de « Mercedes Benz ».

Linda Ronstadt
Sur la scène de Troubadour, ou elle se produit régulièrement, avec puis sans le Stone Poneys dés 1967, cette jolie brune sexy focalise tous les regards, chez les musiciens comme chez producteurs locaux.

Il lui faudra pourtant attendre le tournant de la décennie 70 pour devenir l’une des grandes stars du country-rock californien, grâce à des reprises cousues main de Buddy Holly, The Eagles, Warren Zevon, Clint Ballard Jr ou Roy Orbison. Bref, le concept semble avoir été inventé pour elle.

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