Rumer / Nashville Tears

15 août 2020

Dans le film Nashville Tears de 2020, la chanteuse Rumer applique son style vocal profondément émouvant à la musique de l’auteur-compositeur de country bien-aimé Hugh Prestwood. Fruit d’une collaboration avec le producteur canadien Fred Mollin (Jimmy Webb, America, Kris Kristofferson), l’album s’inscrit parfaitement dans le catalogue de la chanteuse, avec des chansons qui puisent dans le profond puits de la tristesse quotidienne et poétique de Prestwood.

Née au Pakistan et élevée en Angleterre, Rumer s’est installée aux États-Unis à l’époque de son troisième album, Into Colour (2014), et a vécu dans les États de l’Arkansas et de la Géorgie, qui sont très favorables à la musique country. Avant cela, elle s’était forgé une clientèle fidèle grâce à son délicat son pop orchestral inspiré des années 60 et 70. C’est une approche qui lui a permis de couvrir les œuvres de compositeurs influents comme Jimmy Webb, David Gates, Paul Williams et, comme sur This Girl’s in Love de 2016, Burt Bacharach et Hal David. Avec Nashville Tears, elle et Mollin adoptent une approche similaire, creusant le livre de chansons nuancées de Prestwood. Prestwood est un pilier de Nashville, bien que moins apprécié. Il a écrit des chansons pour un grand nombre de stars de la country, dont Alison Krauss, Randy Travis et Barbara Mandrell. Alors que la majeure partie de Nashville Tears se concentre sur ses chansons les plus obscures, on trouve ici des succès, dont « Ghost in This House » (enregistré par Shenandoah en 1990) et « The Song Remembers When » (un single du Top Ten pour Trisha Yearwood en 1993).

L’album rappelle également les grandioses productions analogiques des studios des années 70, alors que Mollin encadre Rumer dans de délicats arrangements de cordes, de pédales et d’orgue, fournis pour la plupart par le mari de Rumer, Dionne Warwick, et le directeur musical de Burt Bacharach, Rob Shirakbari. Les chanteurs Tommy et Lorrie Harden de Lost Hollow, la chanteuse Mandy Barnett, le guitariste Pat Buchanan et d’autres personnalités de Nashville ajoutent également à la chaude ambiance country de l’album. Au centre de l’album se trouve la version dynamique de « Hard Time for Lovers » de Rumer, enregistrée à l’origine par Judy Collins comme titre de son album de 1979. La connexion de Collins est une pierre de touche de Nashville Tears, car la voix douce et chaude de Rumer évoque gentiment l’approche pure et sans fioritures de Collins. C’est un style qui s’accorde bien avec les chansons de Prestwood, dont beaucoup, notamment « Oklahoma Stray », « June It’s Gonna Happen » et « That’s That » (un tube pour Michael Johnson en 1988), mettent en évidence son don pour utiliser la nature comme une métaphore, éclairant la façon dont les paysages qui nous entourent font souvent écho à nos désirs les plus intenses. Sur « That’s That », Rumer chante : « Il y a un saule pleureur à la périphérie de la ville/ Là où j’ai pris un couteau de poche et gravé nos noms/Le matin, je vais abattre cet arbre/Je vais faire un feu et nous regarder partir en flammes ».

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